Les mots fléchés pour les seniors : ce qu'ils apportent vraiment
Ce que les mots fléchés font travailler, ce que la science n'a pas démontré, et des conseils pratiques pour les seniors, les familles, les EHPAD et les ateliers mémoire : niveau, taille, papier et routine.
En France, les mots fléchés font partie du quotidien de beaucoup de retraités : le magazine acheté à la maison de la presse, la grille faite au stylo après le déjeuner, la définition qu'on lance à la cantonade (« un mot en cinq lettres pour... ? »). Raison de plus pour en parler avec soin : ce qu'ils apportent vraiment, ce qu'ils n'apportent pas, et comment les adapter quand la vue ou la patience ne sont plus tout à fait les mêmes.
Ce que font travailler les mots fléchés
Sans exagérer, une grille met plusieurs choses en route à la fois :
- Le vocabulaire et la mémoire ancienne. Les définitions demandent des mots qu'on connaît depuis toujours mais qu'on n'emploie pas tous les jours : « TOUTOU », « TERRE ENTOURÉE D'EAU », « ___ DE VEAU ». Aller les chercher est un petit effort agréable.
- L'attention soutenue. Une grille se fait d'une traite, concentré, sans interruption. Dans des journées pleines d'écrans qui morcellent l'attention, ça a de la valeur en soi.
- Le raisonnement à partir d'indices partiels. Quand un mot ne vient pas, on le déduit des lettres qui le croisent. C'est de la logique sans chiffres.
- Le sentiment d'accomplissement. Finir une grille donne une satisfaction concrète, avec un début et une fin. Pour garder une habitude, ce n'est pas rien.
Ce qui n'est pas démontré
Ici, il faut être honnête, parce qu'on a beaucoup promis. Aucune preuve solide ne montre que faire des mots fléchés, ou n'importe quel autre jeu, prévient la maladie d'Alzheimer ou le déclin cognitif. Les études qui observent un moindre déclin chez les personnes intellectuellement actives sont observationnelles : elles ne peuvent pas séparer l'effet du jeu de celui des études, de la vie sociale ou de la santé générale, et l'inverse est possible aussi — qu'on abandonne les grilles parce que le déclin a commencé.
Ce qui est bien établi est plus modeste : on progresse dans le type de jeu qu'on pratique. On détaille les preuves, sources à l'appui, dans les jeux de réflexion entraînent-ils le cerveau ?. La conclusion pratique n'est pas « ça ne sert à rien », mais « ça sert à ce que ça sert » : se faire plaisir, garder l'habitude de se concentrer, avoir de quoi discuter. C'est déjà beaucoup. Et en cas de diagnostic, le programme de stimulation est défini par le professionnel qui suit la personne, pas par un magazine.
Choisir le bon niveau
Une grille trop difficile ne stimule pas : elle décourage, et on l'abandonne. La règle pratique, c'est que la personne termine la grille en une séance, avec quelques blocages mais sans renoncer.
Dans nos grilles, le niveau facile compte environ 25 mots sur 8 cases par 10, avec un vocabulaire du quotidien et près de deux tiers de mots de trois ou quatre lettres — l'équivalent d'une « force 1 » de magazine. C'est un point de départ raisonnable pour presque tout le monde, y compris pour qui fait des mots fléchés depuis des années : la grille se termine vite et laisse une bonne impression. Si elle passe trop facilement plusieurs jours de suite, on passe au niveau moyen.
Taille, papier et petites aides
- La taille. Imprimé en A4, notre niveau facile occupe toute la page avec des cases de plus de deux centimètres : on écrit à l'aise, même avec une main moins sûre. Les définitions sont dans leurs cases et donc forcément en plus petit ; pour une vue vraiment fatiguée, il y a nos fiches seniors en gros caractères et nos mots croisés faciles en gros caractères, avec les définitions en liste et en gros.
- Le papier plutôt que l'écran, pour beaucoup de personnes âgées : rien à apprendre, on peut laisser la grille sur la table et la reprendre plus tard, et il n'y a pas de notifications.
- Crayon et gomme. Se tromper au stylo sans pouvoir corriger, c'est l'une des choses les plus décourageantes. Le crayon enlève cette peur.
- La solution à portée de main, mais à part. Savoir qu'elle existe rassure. Nos feuilles l'impriment sur une page séparée, qu'on peut ranger dans un tiroir ou retirer avant d'imprimer.
En EHPAD, en accueil de jour ou en atelier mémoire
Les mots fléchés marchent bien en groupe si on les présente comme une conversation et non comme un examen :
- Tout le monde sur la même grille. Chaque feuille porte son numéro dans l'en-tête, donc tout le groupe peut avoir exactement la même.
- Lire certaines définitions à voix haute. « Comment appelle-t-on un petit chien, affectueusement ? » laisse répondre celui qui sait, et fait remonter des souvenirs et des anecdotes.
- Sans chrono et sans notes. On corrige ensemble à la fin.
- Alterner avec d'autres activités. Mots fléchés un jour, proverbes un autre, calcul des courses le suivant. La variété entretient l'intérêt ; il y a d'autres idées pour les combiner dans jeux de réflexion pour les seniors.
Une routine qui dure
Ce qui compte le plus, ce n'est pas le jeu précis mais qu'il dure dans le temps. Une grille à la même heure chaque jour, avec le café ou après le déjeuner, se tient plus facilement qu'une longue séance de temps en temps. Et si la personne aime comparer ses temps avec d'autres ou avec la famille, l'application MenteBrillante propose une nouvelle grille chaque jour en trois niveaux, avec une grille qu'on agrandit du bout des doigts et un classement au temps.
Pour commencer sur papier, nos mots fléchés à imprimer proposent soixante grilles en trois niveaux, gratuites et avec les solutions. Et si c'est une première, ça vaut la peine de lire d'abord les mots fléchés : comment ça marche : une fois qu'on a compris les flèches du bord, le reste vient tout seul.